Levée de rideau

contributeur: Pierre Jacquin, auteur - Georges Khomiakoff, photographe

La musique de Chopin se développe d’emblée sur un mode magique : il n’est pas besoin que nous la connaissions pour la reconnaître, elle nous est immédiatement familière et nous avons souvent l’impression, même si nous ne l’avons jamais entendue, de retrouver de façon inattendue le souvenir d’une mélodie ancienne un instant oubliée.

 

Ce que nous reconnaissons ainsi n’est autre qu’un ou des instants de notre passé, entendu non comme événementiel mais comme affectif, porteur de nos joies et tristesses, de nos nostalgies et de nos engouements, de nos désespoirs et de nos ferveurs d’il y a encore peu ou d’il y a déjà loin.

 

Cette musique s’empare de nous, comme une réminiscence de nos propres émotions que le musicien du passé, le pianiste du souvenir nous permet de revivre en de multiples couleurs. En fait, le temps, censé tout effacer ou presque, est impuissant à jeter à l’oubli ce que la musique perpétue.